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Thugga Dougga Ville romano-africaine de Tunisie

 
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stoufa
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MessagePosté le: Lundi 07 Mai 2007 18:09    Sujet du message: Thugga Dougga Ville romano-africaine de Tunisie Répondre en citant

Par Samir Aounallah <<La>>

Thugga Dougga Ville romano-africaine de Tunisie
Contraste Editions, qui ont choisi de se spécialiser dans le patrimoine — ce qui n’exclut pas des «sorties» du côté de la littérature —, poursuit méthodiquement l’exploration du legs historique et archéologique de notre pays.

Et, à une liste déjà longue de titres dans ce domaine, elles viennent d’ajouter Thugga Dougga, ville romano-africaine de Tunisie, signé Samir Aounallah, archéologue, chercheur à l’Institut national du patrimoine.

Dougga est l’un des sites antiques les plus prestigieux de Tunisie. Il y a lieu de parier que l’image du capitole de cette cité «afro-romaine» — je préfère cette formulation à romano-africaine — est l’une, sinon la plus répandue et la plus connue de notre pays. Elle a figuré sur des timbres-poste, sur des billets de banque et se retrouve dans tous les manuels didactiques du pays. Pourtant, ce site est relativement peu visité, en particulier par nos compatriotes. Les statistiques sont là pour en attester. A qui la faute ? A une foule de facteurs, mais plus particulièrement à l’édition. Hors les écrits scientifiques, pointus et pour ainsi dire confidentiels, il n’y a pratiquement pas d’ouvrages grand public pour instruire et inciter à la visite du site. On citera, certes, le Dougga publié par l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) du chercheur Mustapha Khannoussi paru il y a déjà quelques années et qui est loin d’être toujours disponible. Là s’arrête la liste.

Alors, ce deuxième titre est d’autant bienvenu que, du point de vue fonds, il bénéficie des dernières découvertes qui améliorent la «visibilité» du site et, au niveau de la forme, il est servi par une mise en page aérée, abondamment illustrée, notamment de croquis restituant plan et allure originelle des principaux monuments.

S. Aounallah a choisi une démarche originale : «Ce livret n’est donc pas un guide de l’ensemble des monuments de la ville . C’est surtout une histoire illustrée par les moments phare de l’urbanisme de Dougga : pourquoi et comment tel ou tel monument a été construit, embelli puis restauré ? Mais c’est aussi une promenade sélective à travers les monument les plus importants aussi bien par l’histoire que par la monumentalité et l’architecture».

Chemin faisant, l’auteur — c’est son style — projette sur la pierre ou sur l’événement l’éclairage d’une citation d’époque ou d’une méditation ultérieure qui rend aux choses inertes un souffle de leur vie passée.

Avec tout cela, on l’aura deviné, la lecture de cet ouvrage n’est pas obligatoirement liée à des déambulations sur le terrain. Elle peut se faire en prélude à une visite, ou même en exercice d’évasion, au coin du salon ou sur un banc, dans le jardin

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stoufa
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MessagePosté le: Vendredi 25 Jan 2008 14:59    Sujet du message: Répondre en citant

Enquêtes et reportages Dougga et sa région, pierres de l’histoire

Une caravane de quelque cinq ou six voitures a quitté vendredi 18 janvier, assez tôt, Tunis. A leur bord, une foule de journalistes francophones et bon nombre de nos amis français. Direction: Dougga avec une petite escale à Téboursouk. Mission: prendre part à la cérémonie de remise d’attestations et de diplômes à des jeunes artisans et artisanes formés par le Fonds de Solidarité prioritaire, un programme franco-tunisien. Et par la même occasion s’offrir une balade dans les dédales de notre histoire, qui plus est, guidée par Aïcha Bel Abed, une spécialiste du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. Comme un bon bol d’air frais et d’aération qui ne nous a fait que du bien.



Dougga-Le Quotidien

Avec les Européens, on le sait, l’heure c’est l’heure. On ne badine pas avec les rendez-vous. Surtout pas. Ici, la chose est presque du domaine du sacré. Avec eux, mieux vaut être ponctuel que de se faire attendre et par la suite se taper un vilain regard de travers.

L’horloge installée pas loin du 87 avenue de la Liberté (siège de l’IFC) par la compagnie d’assurances la Maghrebia a à peine affiché 9 heures. Une dizaine de minutes après, tout le monde est en route.

Pour tourner le dos à la capitale, son timide soleil et son temps frisquet, ça nous a pris dans les vingt minutes. On a suivi à la lettre les indications pour ne pas louper un quelconque tournant et se trouver dans un affreux engrenage d’une circulation circulante et circulaire à la fois.

Le chemin emprunté, au sortir de la capitale jusqu’au seuil de notre destination, est un long ruban gris de caillasse qui zigzague à souhait dans la nature. Entre ses plaines, plateaux, pentes et autres hauteurs, des moutonnements tournant entre les verdures des oliviers et celles des céréales épanouies. Notre regard n’a cessé de s’accrocher sur les cimes des arbres et des pierres caressant, de temps à autre, les bas reliefs dessinés par une végétation dense et vivante. Au fil des bonnes kilométriques avalées l’une après l’autre par la chenille des quatre roues à une vitesse correcte, le climat a changé et la température a manifestement bien baissé.

Une pluie fine couvre les pare-brises. La visibilité est au flou. De l’horizon, tout au loin derrière quelques crêtes de montagnes, se profile un rai de soleil. Si timide. Emporté par des nuages épais, il s’éclipse sitôt qu’il apparaît.



Un visage frais…

L’air de plus en plus humide se fait sentir même à l’intérieur des bagnoles. Une nature qui s’étend dans toute sa majesté et à perte de vue dans la tranquillité. Pas une nuée d’oiseaux dans le ciel qui dérange son silence. Au loin, très loin, dans les vallées, un petit animal, un cheval broute. L’herbe doit être bien tendre par ici. Plus loin encore, un cheval ou autre silhouette de la même famille, broute lui aussi. Et c’est tout (ou presque).

Bon appétit ! Nos yeux virent spontanément vers la gauche. Quelques gamins, entre dix et douze ans tout au plus, en petites grappes, peuplent les bas-côtés. Enveloppés dans leurs fringues de fortune, ils grelottent quand même. Aux quelques routiers et autres passants, ils proposent du pain tabouna tout chaud. Pour une collation de dix heures, pourquoi pas! De temps à autre, on croise au hasard une bagnole portant une immatriculation de l’Algérie voisine. Sinon des «quat-quat» (un jargon tuniso-tunisien pour les camionnettes) bâchés qui sillonnent les routes avec des amas de légumes, des sacs de céréales et d’autres produits de la terre. La région, on le sait, était bien le grenier de Rome dans un temps fort reculé.

Des masures dispersées ici et là. Qui se serrent, parfois se frottant les murs l’une contre l’autre. D’autres ont plus de gueule. Des villas splendides au look des temps modernes, incrustées dans des terrains immenses. Et d’autres, bien encore là, chapeautées de tuiles rouge brique, héritées de l’époque coloniale. Les unes sont en ruines. Les autres résistent encore à l’usure de l’âge.

Près de 70 bornes nous séparent du Kef. Premier arrêt, Téboursouk. Le village qui s’étend sur ses 40 175 hectares et peuplé de près de 24 400 âmes est prêt à accueillir ses visiteurs du jour, venus sur place pour partager avec eux la joie des artisans en herbe. Il s’agit de l’avenir de quelques jeunes qui vont ouvrir très bientôt leur micro-entreprise (voir Le Quotidien de dimanche).

La cérémonie a pris fin. Curiosité oblige, et un petit tour dans la maison scolaire (une ancienne caserne française) nous conduit à voir ailleurs. Il y a bien du boulot et de la restauration à faire pour tous ces murs lépreux, carreaux collés et recollés, vitres de fenêtres parties en éclats et des toits… rongés de partout et quasi effondrés. Dans un écrin de folles herbes nous arrivant jusqu’à la taille, on s’est frayé une mince passerelle. Des restes de pavillons endeuillés et des pierres grignotées. A l’instant, nous avons rêvé à haute voix. «Ici, l’espace pourrait se convertir en un splendide lieu d’art et de culture». Plein d’idées nous ont traversé la tête, nous ont fait voyager sur un tapis volant.

Tout en bas de cette hauteur, à droite, un chapitre de notre histoire s’est ouvert. Il s’est renfermé aussi dans des cellules de je ne sais combien de mètres (plutôt des centimètres) carrés, l’une collée contre l’autre. Sur un carré en marbre blanc, incrusté dans le mur, blanc immaculé, est gravée «l’incarcération de l’ancien président Bourguiba». Derrière ces portes de fer et fortement cadenassées, nous avons déroulé les cauchemars du renfermement, de la solitude, du noir, de la faim, du froid. La suite de ces années sombres de la veille de la Deuxième Guerre mondiale est rapportée par nos (et leurs) historiens. Et sur la chose, chacun tient à sa version.

Après avoir serpenté sur une largeur de route exiguë, qui nous a flanqué la trouille, nous voilà attendus comme des rois. Chaleureusement accueillis. Les responsables régionaux du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, nous ont même offert un déjeuner copieux dans le seul hôtel de la place et nous ont fait oublier le «buffet» du matin servi froidement froid lors de la cérémonie.

Mais bien avant, on était sur ce fameux plateau de 70 hectares, suspendu à plus de 500 m et dressant colossalement ses monuments puniques, numides, romains et byzantins. Sur cette cité qui a vu traverser tant de civilisations, l’histoire des peuples se lit à travers les fragments de pierres et de mosaïques.

«Le visiteur comprendra mieux l’enchevêtrement des ruines, leur succession dans le temps, leurs expansions, leurs réductions…au gré du flux et du reflux de l’histoire», a écrit l’historien Hassan Hosni Abdelwahab.



Suivons le guide

«Nous travaillons sur l’ancien. Nous avons exhumé quelque trente hectares. Il nous reste encore 40ha enfouis dans les décombres. Jusque là, l’enveloppe du ministère est estimée à 900mille dinars. Nous tentons de préserver les traces et respecter la physionomie de notre patrimoine. On a fermé la brèche ouverte comme passage au début du XXe siècle…», raconte Aïcha Bel Abed, avec un accent enrobé de jalousie.

Tout en suivant les pas (avec précaution), entre les travaux et les ouvriers qui creusent dans la boue - et tant pis pour ceux qui ont les godasses cirées - et les dires précieux de Madame, on apprend des choses. C’est notre histoire enroulée dans le Temple de Saturne, l’héritier du Ba’al Hammon. Dans l’autre Temple de Junon Cوlestis, dédié à l’héritière de Tanit. Dans le Théâtre, considéré le mieux conservé de l’Afrique romaine et qui pouvait accueillir dans les 3500 places. A l’époque, Dougga comptait 5000 habitants. «Ici, c’est le tombeau d’Atban, ici c’est la statue de Jupiter, ici, c’est… », Madame égrène des noms et des dates de trésor comme on égrène un collier en diamants. Elle parle des symboles et des divinités sans sauter sur le moindre détail, «On dirait qu’elle a avalé une cassette», nous murmure à l’oreille notre collègue, un peu bavard. Il regardait tout haut dans ce qui reste d’un vestige, guettant une poignée de pigeons gris nichant dans la pierre. C’était un bon moment avec l’histoire. Un rendez-vous avec la mosaïque en train de faire peau neuve. Un rendez-vous avec le chantier à ciel ouvert. Un rendez-vous avec le chuchotement, le bruit de chaque élément qui a jonché le sol de chez nous bien avant notre ère. Nous avons humé à volonté les bribes des civilisations. Vous n’avez pas l’intention de faire vieillir ces pierres ? Réponse de l’historienne qui s’enorgueillit du travail de fouilles fait par des Tunisiens et Tunisiennes: «Mais non! Ceci va servir pour les générations futures qui sauront à quelle date ceci ou cela s’est passé».

Il fait froid de plus en plus. Un souffle de bise glaciale ne cesse d’écraser la région. Nous rebroussons chemin. Les gouttelettes de pluie nous tiennent compagnie jusqu’à un bon tronçon de la route. Toujours le même décor. Le même scénario écrit avec tant d’émotion. Avec cette vue magnifique et toujours ces enfants qui vous offrent des produits du terroir.

Pour bobiner les 110 kilomètres jusqu’à Tunis, il nous a fallu deux petites heures. Tunis vers 17heures, comme nous l’avons quittée le matin. Notre capitale respire encore le reste d’une agréable journée largement ensoleillée.

Zohra ABID
Le Quotidien 25 janvier 2008
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