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La bataille de Ruspina

 
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medchekib
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MessagePosté le: Jeudi 15 Jan 2009 11:27    Sujet du message: La bataille de Ruspina Répondre en citant


Si vous trouvez que c'est long alors lisez seulement la partie"bataille de ruspina".C'est le dernier episode de la guerre civile romaine:Après la mort de son ennemie pompée en egypte,Cesar part en Afrique pour se débarasser des derniers républicains et fidèles de pompée

Installation à Ruspina. Arrivée des transports égarés (9-11)

[9] (1) César lève son camp le troisième jour des nones de janvier, laisse à la garde de Leptis six cohortes sous les ordres de Saserna, et retourne avec le reste de ses troupes à Ruspina qu'il avait quittée le jour précédent. Là, sans s'embarrasser du bagage, il part avec une troupe légère pour aller chercher des vivres aux environs, se fait suivre par les habitants avec des bêtes de somme et des chariots, (2) et, après avoir ramassé d'abondantes provisions de blé, revient à Ruspina. En faisant cette tournée, son dessein était, je crois, de chercher de quoi pourvoir les villes maritimes qu'il laisserait derrière lui, et de rassurer des postes où les vaisseaux pourraient trouver une retraite.
[10] (1) Aussi, après avoir remis la garde de cette place, où il laissait une légion, à P. Saserna, frère de celui qu'il avait laissé près de là, à Leptis, et lui avoir recommandé d'y ramasser le plus de bois qu'il pourrait, il part avec sept cohortes tirées des vieilles légions qui avaient servi sur la flotte de Sulpicius et Vatinius, se rend à un port éloigné de deux mille pas de Ruspina, et s'embarque sur le soir avec cette troupe, (2) sans que personne de l'armée connaisse son dessein. Ce départ donna beaucoup d'inquiétude et de chagrin à ses soldats; (3) ils étaient peu nombreux, la plupart de nouvelle levée; et, avant même qu'ils fussent au complet, ils se voyaient exposés, dans le sein de l'Afrique, aux attaques d'une armée puissante, d'une nation perfide et d'une cavalerie innombrable, n'ayant à espérer de consolation ou de secours que de la présence de leur général, de sa fermeté inébranlable et de son admirable sérénité. En effet, toute sa personne annonçait la grandeur et l'élévation de son âme: (4) ses troupes se reposaient sur lui avec confiance, et dirigées par son expérience et son génie, elles croyaient tout possible.

[11] (1) César, après avoir passé la nuit sur sa flotte, se préparait à partir au point du jour, lorsqu'il vit paraître ceux de ses vaisseaux qui s'étaient égarés et que le hasard amenait sur cette côte. (2) Aussitôt il fait débarquer tous ses gens, en leur ordonnant d'attendre en armes sur le rivage les autres soldats qui arrivent; (3) et, dès que les vaisseaux sont dans le port avec l'infanterie et la cavalerie, il retourne à Ruspina, y établit son camp, et repart avec trente cohortes pour aller chercher des vivres. (4) On jugea, d'après tout cela, que l'intention de César avait été d'aller secrètement à la recherche des vaisseaux de transport qui s'étaient égarés, pour empêcher qu'ils ne vinssent à donner dans la flotte ennemie, et qu'il n'avait pas voulu que les troupes qu'il avait laissées dans les garnisons fussent instruites de son dessein, dans la crainte qu'elles ne se décourageassent en voyant leur petit nombre et la multitude des ennemis.

[Début]



Bataille de Ruspina (12-18 )

[12] (1) César n'était encore qu'à trois mille pas de son camp, lorsque ses éclaireurs et ses cavaliers d'avant-garde lui annoncèrent que l'ennemi avait été aperçu à une distance peu éloignée; en effet, on vit en même temps s'élever une grande poussière. (2) César fit venir du camp toute sa cavalerie, dont il n'avait avec lui qu'une faible partie, et ses archers, qui n'étaient pas nombreux; et, après avoir commandé aux cohortes de le suivre doucement, en bon ordre, il prit les devants avec quelques hommes armés. (3) D'aussi loin qu'il put apercevoir l'ennemi, il ordonna à ses soldats de mettre le casque en tête et de se préparer au combat. Il n'avait en tout que trente cohortes, quatre cents chevaux et cent cinquante archers.
[13] (1) Les ennemis cependant, commandés par Labiénus et les deux Pacidéius, se rangent sur une ligne très étendue, composée, non d'infanterie, mais de cavalerie entremêlée de Numides armés à la légère, et d'archers à pied; d'ailleurs si serrée, que, de loin, les troupes de César crurent que c'était de l'infanterie. Les deux ailes étaient couvertes par deux gros corps de cavalerie. (2) César rangea comme il put son infanterie sur une seule ligne, à cause du peu de troupes qu'il avait, plaça ses archers en avant de l'armée et mit sur les deux ailes sa cavalerie, en lui recommandant de ne pas se laisser envelopper par la nombreuse cavalerie des ennemis: car il croyait que c'était contre l'infanterie qu'il allait avoir à combattre.

[14] (1) Chacun de part et d'autre attendait, et César ne faisait aucun mouvement, persuadé qu'avec si peu de troupes il aurait plus besoin d'habileté que de force, quand tout à coup on vit les cavaliers ennemis se déployer, s'étendre, embrasser les collines, harceler notre cavalerie, et se préparer à l'envelopper. (2) Celle-ci avait beaucoup de peine à se maintenir contre une si grande multitude. Déjà les deux lignes se mettaient en mouvement pour en venir aux mains, quand tout à coup l'infanterie légère des Numides, entremêlée avec leur cavalerie, s'avança vers nos légionnaires, et lança ses traits dans nos rangs. (3) Nos soldats les chargèrent avec vigueur: mais les cavaliers ennemis tournèrent bride; puis, tandis que l'infanterie résistait, ils se ralliaient derrière elle, et revenaient à la charge pour soutenir les leurs.

[Début]

[15] (1) Voyant que, dans ce nouveau genre de combat, nos légionnaires rompaient leurs rangs pour poursuivre les cavaliers ennemis, et découvraient leur flanc aux traits de l'infanterie numide, pendant que les cavaliers ennemis évitaient sans peine, en courant, nos javelots, César fit publier par tous les rangs que nul soldat n'eût à s'éloigner des enseignes de plus de quatre pieds. (2) Cependant la cavalerie de Labiénus, comptant sur la supériorité du nombre, cherchait à envelopper celle de César, qui, peu nombreuse, harcelée par cette multitude d'ennemis, et ayant la plupart de ses chevaux blessés, commençait à plier, l'ennemi la pressant de plus en plus. (3) En un moment toutes nos légions se trouvèrent enveloppées et furent réduites à se former en rond et à combattre fort à l'étroit.

[16] (1) Labiénus, à cheval et la tête nue, se tenait au premier rang, exhortait les siens, et parfois aussi s'adressait aux légionnaires de César: "Comment! disait-il, soldat novice, tu fais bien le brave! Il vous a donc tourné la tête à vous aussi avec ses harangues? Certes, il vous a engagés ici dans un mauvais pas. Je vous plains." (2) "Tu te trompes, Labiénus, je ne suis pas un soldat novice, lui répondit un soldat, mais un vétéran de la dixième légion." - "Je n'en reconnais pas les enseignes, dit Labiénus." (3) - "Eh bien! reprit le soldat, tu vas me reconnaître!" En même temps il jette bas son casque pour qu'il le reconnût, lui lance son javelot avec tant de vigueur qu'il s'enfonce dans le poitrail du cheval, et lui dit: "Labiénus, tu dois voir à présent que c'est bien un soldat de la dixième légion qui te frappe." (4) Toutefois, la consternation était dans les rangs et surtout parmi les nouveaux soldats: tous avaient les yeux tournés sur César, et ne faisaient plus que parer les coups de l'ennemi.

[Début]

[17] (1) César, ayant pénétré le dessein de Labiénus, commande à son armée de s'étendre sur le plus grand front possible, et aux cohortes de faire face alternativement, afin que l'une après l'autre elles puissent charger l'ennemi. Par ce moyen il rompt le cercle dans lequel il est enveloppé, attaque avec la cavalerie et l'infanterie une moitié de la ligne ennemie, l'accable de traits et la met en déroute; mais la crainte de quelque piège l'empêche de la poursuivre, et il retourne vers les siens. L'autre partie de la cavalerie et de l'infanterie de César fait de même. (2) L'ennemi une fois repoussé au loin avec perte, César prit, dans le même ordre de bataille, le chemin de son camp.

[18] (1) Sur ces entrefaites, M. Pétréius et Cn. Pison arrivèrent avec onze cents chevaux numides et une infanterie d'élite assez nombreuse qu'ils amenaient au secours de Labiénus. (2) Les ennemis sont rassurés et ranimés par ce renfort: leur cavalerie tourne bride, charge nos légions qui se retiraient, et veut les empêcher de regagner le camp. (3) César, voyant cela, fait tourner tête à ses légions, et recommence le combat au milieu de la plaine. (4) Mais, comme l'ennemi recommençait toujours le même genre d'attaque sans en venir aux mains, et que nos chevaux, en petit nombre, encore fatigués de la mer, accablés de soif, de fatigue et de blessures, étaient hors d'état de le poursuivre et de fournir une longue course; comme d'ailleurs il ne restait que fort peu de jour, César ordonna aux cohortes et à ses cavaliers de charger tous ensemble l'ennemi, et de ne pas s'arrêter qu'ils ne l'eussent chassé au-delà des dernières collines, et qu'ils n'en fussent les maîtres. (5) En conséquence, au signal donné, et lorsque déjà les ennemis commençaient à lancer leurs traits avec mollesse et nonchalance, il détache sur eux ses cohortes et sa cavalerie, et en un moment, sans essayer de se défendre, ils sont repoussés de la plaine et rejetés au-delà des hauteurs, dont les nôtres s'emparent. Ils s'y arrêtent quelque temps, et puis reviennent dans le même ordre et au pas vers leurs retranchements. De leur côté les ennemis, que nous avions si mal reçus, rentrèrent dans leurs forts.

[Début]


Les espoirs et les forces de Scipion (19)

[19] (1) À la suite de ce combat, des transfuges de toute espèce vinrent à nous, et l'on fit beaucoup de prisonniers parmi les fantassins et les cavaliers ennemis. (2) On sut par eux que le dessein de l'ennemi avait été d'étonner, par cette manière nouvelle et extraordinaire de combattre, nos jeunes soldats, et même nos vétérans qui étaient en petit nombre, de les envelopper avec leur cavalerie, et de les écraser comme ils l'avaient fait de l'armée de Curion; (3) ils ajoutaient que Labiénus s'était vanté en plein conseil de nous charger avec tant de troupes, que la fatigue seule de tuer et de vaincre nous ferait succomber. En effet, il comptait beaucoup sur le succès de cette multitude: d'abord il avait appris que les vieilles légions s'étaient mutinées et qu'elles refusaient de passer en Afrique; ensuite il ne doutait pas de la fidélité de ses soldats, que trois années de séjour dans le même pays lui avaient attachés, et il était soutenu par de nombreuses troupes de cavalerie et d'infanterie numide, armées à la légère; de plus il avait avec lui des cavaliers germains et gaulois, débris de l'armée de Pompée, qu'il avait ramenés de Buthrote, des étrangers, des affranchis et des esclaves levés dans le pays, qu'il avait exercés et dressés à conduire des chevaux avec la bride; enfin, outre tout cela, les secours fournis par le roi, cent vingt éléphants, une cavalerie innombrable, et plus de douze légions composées de toutes sortes de gens. (4) Plein d'espoir et d'audace, fier de se voir à la tête de seize cents chevaux germains et gaulois, de huit mille Numides, qui ne se servaient point de bride, de onze cents cavaliers que lui avait amenés Pétréius, de quatre fois autant d'infanterie et de troupes légères, et d'un grand nombre d'archers et de frondeurs à pied et à cheval, Labiénus avait attaqué César en rase campagne la veille des nones de janvier, trois jours après notre débarquement. Le combat dura depuis la cinquième heure jusqu'au coucher du soleil. Pétréius en sortit grièvement blessé.
[Début]



César se retranche à Ruspina (20-21)

[20] (1) Cependant César fortifia son camp avec plus de diligence, redoubla la garde des forts, et fit tirer deux retranchements, l'un de Ruspina à la mer, et l'autre de la mer au camp, afin de pouvoir communiquer librement de l'un à l'autre, et recevoir, sans risque, les secours qui lui viendraient. Il fit encore porter dans son camp les armes et les machines qu'il avait sur ses vaisseaux, manda au camp une partie des rameurs qui servaient sur les galères gauloises et rhodiennes, et les arma pour essayer s'il ne pourrait pas, à l'exemple de l'ennemi, entremêler sa cavalerie de fantassins armés à la légère; enfin il tira de ses vaisseaux des archers de toute espèce, d'Iturie et de Syrie, dont il grossit son armée: (2) car on disait qu'à trois jours de là Scipion devait arriver et joindre aux troupes de Labiénus et de Pétréius ses huit légions avec trois mille chevaux. (3) En outre, par l'ordre de César, on dresse des ateliers pour forger des flèches et des traits, fondre des balles, fabriquer des pieux. Il envoie en Sicile pour avoir du fer, du plomb, des claies, et du bois propre à construire des béliers, toutes choses qui manquent en Afrique. (4) Il remarqua aussi qu'il n'aurait pas de blé en Afrique si l'on n'en allait pas chercher au dehors, parce que tous les laboureurs ayant été, l'année précédente, enrôlés par l'ennemi, on n'avait pas fait la moisson. D'ailleurs Labiénus avait fait transporter dans un petit nombre de places fortes tout le blé qui s'était trouvé en Afrique, et avait ainsi épuisé le reste de la province. Les villes, à l'exception de quelques-unes où il avait mis garnison, avaient été saccagées et détruites, leurs habitants forcés de se réfugier dans les places fortes, et la campagne entièrement ravagée.

[21] (1) Réduit à cette extrémité, César avait obtenu de quelques particuliers, à force de prières et de caresses, un peu de blé qu'il ménageait avec soin, il était aussi très exact à visiter chaque jour ses travaux et faisait alternativement monter la tarde à ses cohortes, à cause de cette multitude d'ennemis. (2) Labiénus fit transporter sur des chariots, à Hadrumète, ses blessés, qui étaient en très grand nombre. (3) Cependant les vaisseaux de charge de César erraient à l'aventure, incertains du lieu où il était campé; les chaloupes des ennemis les attaquaient l'un après l'autre, et elles en avaient pris ou brûlé plusieurs. (4) César, en ayant été informé, fit croiser sa flotte autour des îles et des ports, pour la sûreté des convois.

[Début]


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